
🟠 ÉDITO
Verlaine pourrait se retourner dans sa tombe cet automne, pas de sanglots longs, pas de violons mais que de violences !
En général, cette période nous incite à nous recroqueviller, à endurer cette « langueur monotone ».
Mais cette année, un sacré combo s’est invité dans la morosité ambiante.
En France, en Europe et partout dans le monde, les lignes bougent, les repères flottent.
La violence semble s’immiscer dans tous les espaces de nos vies : dans les sociétés, les entreprises, dans nos relations et aussi en nous, avec cette impression de subir encore et encore !
Comment réagir et vivre dans ce marasme ? Le pari semble fou.
Et pourtant, oui il y a moyen !
Voici quelques pistes, non pas pour survivre, mais pour vivre à fond cette période aussi étrange que passionnante !

🟠 LE SUJET
La violence, elle est partout et s’exprime à plusieurs niveaux.
Elle peut être directe, visible dans les coups, les menaces ou les intimidations.
Et aussi psychologique ou relationnelle : les mots qui humilient, la mise à l’écart, les rapports de pouvoir qui empêchent de répondre.
Ou encore structurelle, comme décrite par le sociologue Johan Galtung : ‘une violence inscrite dans des organisations ou des systèmes qui privent durablement certaines personnes des conditions nécessaires à leur développement’. On voit bien que cette grille de lecture aide à rendre visibles des torts qui n’ont pas toujours un auteur unique.
Ces violences, on les connaît, de près ou de loin, elles peuvent faire peur, épuiser, isoler, nuire et détruire.
Quand elles rétrécissent notre horizon : on se protège, on se tait et, peu à peu, on s’adapte à ce qui fait mal.
Et pourtant, cet automne 2026 nous donne un contre-exemple.
Les lycéens refusent de souscrire à la léthargie ambiante et le manifestent.
Et, franchement, c’est rassurant !
Ce que ces jeunes affirment c’est d’investir leur responsabilité, de déployer cet espace d’expression, avec de la solidarité, une incroyable créativité et une joie communicative !
Ils sont largement pacifiques, avec des parents et des enseignants qui soutiennent leur cause.
Oui, la violence s’est immiscée au sein des défilés. Certes, il y a ces fauteurs de troubles qui profitent de l’occasion pour décharger leur haine et aussi il y a ces stratégies délétères de ceux qui sont censés protéger et maintenir l’ordre … vrai sujet, mais pas celui du jour !
Et à titre individuel ?
Si on se regarde soi, en tant que personne, il y a toutes ces violences que l’on ressent lorsque le changement nous paraît trop brutal.
Vous savez, ce point de rupture lorsque vous constatez que ce vous avez toujours fait ne fonctionne plus.
Quand vous êtes désarçonné·e , voire à terre, face à l’agression ou la trahison de ceux que vous croyez proches.
Ou encore lorsqu’une limite vous est imposée par votre corps, maladie, accident et que vous savez que plus jamais rien ne sera pareil …
Quelques situations de ‘ violences ’ qui mettent nos peurs en lumière, dérangent nos repères et nous oblige à faire autrement.
Et pourtant l’inconfort – y compris quand il est ressenti comment violent – n’est pas forcément négatif !
En fait, c’est un irritant qui nous informe : nous sommes en cours d’apprentissage ou de transformation — et en effet, ce n’est pas toujours agréable, parfois même un peu cruel, mais ça devient digeste quand nous nous gardons une marge de choix, des espaces de sécurité et de soutien.
En biologie, la notion d’allostasie décrit la façon dont l’organisme maintient son équilibre en s’ajustant aux changements.
Cette capacité d’adaptation est utile, mais un stress répété ou prolongé peut aussi avoir un coût pour le corps.
Cette image nous rappelle que l’adaptation est possible, mais qu’elle a besoin de limites et de récupération.
La violence n’est pas toujours là où on la croit et l’inconfort, lui, n’est pas toujours une violence !
C’est nécessaire d’être conscient·e·s de cette loi de la nature : si nous voulons vivre notre vie avec toute notre énergie et notre potentiel, nous avons à passer des portes étroites … mais attention avec respect de nos possibilités et de nos limites.
Bref, nous n’avons pas à appeler « croissance », « développement » ou encore « performance » ce qui, en réalité, nous détruit.
Parfois, ce qui nous semblait brutal est l’inconfort d’un changement nécessaire.
Parfois, sous une apparente légèreté, une vraie violence est dénoncée.
‘Les violences de l’automne’, ce serait peut-être cela : regarder la violence en face et distinguer ce qui nous abîme de ce qui nous transforme.
Et, lorsque la porte est [vraiment trop] étroite, trouver les appuis qui nous aideront à la franchir [et je suis là pour ça !]

🟠 LE DECLIC
L’humour ne nie pas le chaos, il lui refuse le dernier mot.
Vous avez déjà vécu une réunion qui en nécessite trois autres pour décider qui finalement changera son fonctionnement : on peut en rire, puis se demander ce qui bloque vraiment.
L’humour ne résout pas tout, mais il a le grand mérite de rendre l’absurde visible sans accuser les personnes.
En manifestation, la génération Z joue parfaitement cette partition, avec les « mèmes » et les références de la pop culture.
Un drapeau de One Piece ou une licorne rose face aux CRS font sourire tout en portant un puissant message de contestation.
Rire ou détourner une image n’efface pas la violence.
Cela ouvre un peu d’espace pour la regarder autrement.
Et pour vous en convaincre, il suffit de découvrir le foisonnement créatif et très drôle des pancartes des jeunes manifestants !

🟠 L’EXPERIENCE
La porte étroite
Pensez à une situation de votre vie professionnelle ou personnelle où vous avez le sentiment que « ça ne peut plus continuer comme ça ».
Prenez quelques minutes et observez :
Ce qui me semble violent aujourd’hui
Un rythme, une exigence, une relation, une attente, une habitude ?
Ce qui est réellement en train de se passer
Une contrainte injuste, une peur du changement, un manque de moyens, ou plusieurs choses à la fois ?
Ce que je cherche à protéger
Ma santé, une relation, une valeur, un projet, une part de moi ?
Le plus petit passage possible
Quelle serait d’une part votre limite et d’autre part votre besoin profond ?
Puis demandez-vous : qui pourrait m’accompagner ?
Un changement difficile n’a pas à devenir une épreuve solitaire !

🟠 LES TIPS
- N’appelez pas tout « violence »
Nommer précisément les choses aide à agir : colère, contrainte, conflit, fatigue, peur, injustice ou apprentissage
- Ne romantisez pas la souffrance
Une épreuve peut transformer, mais la douleur n’est pas une preuve de progrès
- Regardez ce qui se passe autour de vous
Regardez ce qui se passe autour de vous ! Si plusieurs personnes souffrent du même fonctionnement, vous n’êtes pas seul concerné, et s’adapter davantage n’est sans doute pas la solution qui vous fera du bien
- Faites un pas qui vous ressemble
Une conversation franche, une limite posée, une demande de soutien ou un essai différent peuvent suffire à commencer.
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